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le monde bancaire - Plus de services... la révolution bancaire qui s’annonce pour janvier

Rédigé le 5 Novembre 2017 à 02:45 | Lu 29 fois

Orange Bank n’est pas la seule angoisse des banques traditionnelles. Le 13 janvier, l’application de la directive européenne DSP2 obligera les établissements financiers à partager les données de leurs clients avec des opérateurs tiers. Une très mauvaise nouvelle pour les acteurs historiques. Mais aussi la perspective de nouveaux services et d’économies pour les consommateurs comme nous l’explique Jean-Jacques Manceau, expert en finances personnelles et auteur du blog My Little Money.



Dans les banques aujourd’hui, le véritable trésor de guerre ce n’est pas seulement votre épargne mais aussi vos données personnelles. Les établissements bancaires savent quasiment tout sur vous : votre salaire, votre situation familiale, votre patrimoine, vos passions, vos projets, vos hobbies. Elles savent où vous partez en vacances, où vous faites vos courses, si vous mangez japonais ou au MacDo.

Un trésor qu’elles n’ont donc pas vraiment envie de partager. Mais à partir de janvier 2018, une directive européenne, baptisée DSP2, va pourtant les obliger à ouvrir leurs coffres. À laisser n’importe quel prestataire accéder aux données de votre compte, de manière sécurisée et en temps réel. À condition d’obtenir votre autorisation, évidemment. Une aubaine pour les start-up de la finance qui ont développé des modèles alternatifs de services et de placements optimisés à moindre coût.

Ces fintechs pourront donc vous proposer les mêmes services que votre banque mais moins chers. Mieux, elles pourront compléter l’offre avec des produits et services à forte valeur ajoutée, notamment sur votre mobile. À travers leurs apps, les fintechs offrent souvent une expérience agréable et fluide — un point sur lequel les banques traditionnelles ont encore du progrès à faire. C’est peu de le dire ! 

Le résultat le plus concret va donc être un éclatement de la relation bancaire. Un “dégroupage” qui aura le même effet que celui opéré dans les télécoms. Les clients vont pouvoir choisir le meilleur prestataire pour chaque besoin. Et à terme faire baisser les prix des prestations. C’est la fin du monopole bancaire qui est en jeu. Rien de moins ! Le risque pour les banques de réseau est de se transformer en simple teneur de compte. Car de très nombreux “initiateurs de paiement” devraient voir le jour. Et pour ceux qui ne veulent pas se "disperser", des agrégateurs de services tels que Linxo ou Bankin se chargeront même de vous proposer une “suite complète de services”. En fonction de votre profil et de vos envies.

DSP2 va donc faciliter l’accès pour tous à de très nombreux services originaux. Vous voyagez beaucoup à l’étranger ? Revolut vous propose par exemple de profiter d’une carte de crédit MasterCard gratuite, utilisable partout dans le monde, et de transférer de l’argent sur n’importe quel compte bancaire et dans n’importe quelle devise, gratuitement. 
Besoin urgent de cash en devise étrangère ? PayTop vous apporte le liquide à domicile. Vous voulez réduire votre budget assurance ? Wilov module le prix de l’assurance selon l’usage réel que vous faîtes de votre véhicule, et ce, 100% en ligne et sans engagement. Vous voulez doper votre Livret A ? Raisin (pour “Raise your interest”) vous propose de souscrire des comptes à terme dans des banques d’autres pays européens, et prévoit à l’avenir d’élargir son offre aux livrets d’épargne.

Mais le secteur qui va littéralement exploser est celui du coaching financier. Les “robo-advisors” (robots conseillers) conçus pour aider les Français à mieux épargner, à défiscaliser ou à investir, déferlent en France, poussés par des starts-up comme WeSave, Advize, Yomoni, Fundshop, Marie Quantier, Finensemble, etc. L’automatisation des stratégies de placement et d’investissement permet de bénéficier de bonnes prestations à tarifs discount. Ils vont remplacer très vite les conseillers bancaires dont la compétence laisse souvent à désirer.

Dans le domaine de l’immobilier, la concurrence est déjà rude. Elle va se durcir. En janvier 2018, les emprunteurs pourront renégocier l’assurance de leur prêt immobilier. Une aubaine pour les courtiers qui pourront chaque année vous proposer un tarif inférieur à celui de l’année précédente. Car plus vous avancez dans le remboursement de votre prêt, plus vous réduisez votre risque de crédit ! Et donc votre prime de risque.

Pour les banques, l’arrivée de DSP2 est un véritable big bang. Elles mettent donc tout en œuvre pour en limiter sa portée, en poussant le législateur à interdire le Web scraping, une technique sauvage d’extraction des données des sites web opéré par un robot, au profit d’interface dédiée, les API dans le jargon. La bataille s’annonce épique.


Par Jean-Jacques Manceau, auteur du blog My Little Money, consacré à l'actualité des finances personnelles, de l'immobilier, de la banque et de l'assurance.

capital.fr

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Rédigé le 5 Novembre 2017 à 02:45 | Lu 29 fois




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