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France, Pourquoi l'équation budgétaire de Bercy est compliquée

Rédigé le 2 Mai 2018 à 07:41 | Lu 47 fois

En excluant toute augmentation d'impôt pour compenser l'abolition de la taxe d'habitation et la reprise d'une partie de la dette de la SNCF, le gouvernement a mis en attente le danger de la croissance des impôts. Au risque de nier ses objectifs budgétaires.



L'État mettra-t-il en péril ses objectifs financiers? À l'occasion de la présentation de sa trajectoire budgétaire quinquennale, le gouvernement s'est engagé, à la mi-avril, à ramener le déficit à 0,9% du PIB en 2020 puis à 0,3% en 2021 et à rééquilibrer les comptes publics au la fin de la période de cinq ans.

Des objectifs ambitieux ... annoncés avant deux décisions de grande envergure. A savoir, le recouvrement de la dette de SNCF Networks (valorisée à 47 milliards d'euros) et la suppression sans compensation d'ici 2020 de la taxe d'habitation pour les 20% des Français les plus riches encore soumis à cette taxe.

Un message très politique

L'abolition totale de la taxe d'habitation a été annoncée en novembre par Emmanuel Macron, contraint de prendre en compte les risques constitutionnels planant sur sa réforme qui prévoyait au départ l'abolition de cette taxe pour seulement 80% des ménages.

«Il n'y aura pas de tour de passe-passe où des milliards de dollars seront jetés ailleurs et ramassés ailleurs», a déclaré le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, au sujet de la taxe sur l'habitation.

Comment financer ces nouvelles mesures ?

Interrogé sur ce point, le ministre des Comptes publics a promis une "baisse de la dépense publique." Tout en restant évasif sur les montants et les politiques publiques concernées.

"Le problème, c'est que l'objectif de baisse de la dépense était déjà très ambitieux", rappelle François Ecalle, ancien magistrat à la Cour des comptes et fondateur du site fipeco.fr, "sceptique" sur la capacité de l'exécutif à tenir ses engagements.

Lors de la présidentielle, Emmanuel Macron avait promis de réaliser 60 milliards d'euros d'économies, de façon à faire baisser le taux de dépense publique de trois points de PIB. Un chiffre que le gouvernement va devoir revoir à la hausse s'il souhaite tenir sa trajectoire budgétaire.

Où le gouvernement peut-il récupérer cet argent ? Pour Antoine Bozio, le regain de croissance pourrait donner quelques marges de manœuvre, en faisant mécaniquement baisser le taux de dépense publique rapporté au PIB. "Mais cela ne suffira pas", prévient l'économiste.

"On est dans le flou. Et ce flou tend à durer"

Transports, audiovisuel public, aide aux entreprises... Pour l'aider à trouver des pistes d'économie, le gouvernement -qui pourrait choisir de maintenir la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, afin de récupérer 2 à 3 milliards d'euros- a mis en place un groupe de réflexion, baptisé "Comité Action Publique 2022". Mais les propositions de ce comité se font attendre, et le gouvernement fait planer le suspense sur ses intentions.

"On est dans le flou, et ce flou tend à durer", estime François Ecalle. "La dette de la SNCF est importante mais sa reprise est plus aisée, car il s'agit d'une mesure ponctuelle. La réforme de la taxe d'habitation est plus problématique, car elle implique de trouver huit milliards", détaille le fiscaliste. "Je vois mal comment cela pourrait se faire sans hausse d'impôt", dit-il.

(avec AFP)

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Rédigé le 2 Mai 2018 à 07:41 | Lu 47 fois



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